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Liste noire AMF crypto : la méthode complète pour vérifier une plateforme avant d'investir

  • il y a 6 jours
  • 15 min de lecture

Ce que vous devez savoir avant de lire cet article

La vérification d'une plateforme crypto sur les registres officiels avant tout versement est l'action préventive au meilleur rapport coût/bénéfice qu'un investisseur français puisse entreprendre. Deux minutes de consultation sur le site de l'AMF peuvent éviter des mois de procédures et plusieurs dizaines de milliers d'euros de pertes. C'est, de loin, le filtre le plus universellement efficace contre les arnaques crypto.

Pourtant, dans les dossiers que nous voyons chaque semaine, cette vérification n'a presque jamais été effectuée. Les victimes découvrent après coup que la plateforme figurait déjà sur la liste noire AMF, parfois depuis plusieurs mois, et que l'AMF avait publié une alerte publique avant leur premier versement. Cette asymétrie entre la facilité de la vérification et la rareté de sa pratique est l'une des raisons structurelles de la massivité des arnaques crypto en France.

Cet article ne se contente pas de présenter la liste noire. Il vous livre la méthode complète de vérification en 6 étapes, la distinction cruciale entre liste noire et liste blanche PSAN, les 4 registres européens à croiser systématiquement, les pièges à éviter (faux registres, plateformes ayant perdu leur agrément, MiCA qui remplace progressivement le PSAN), et la conduite à tenir si votre plateforme apparaît sur la liste noire alors que vous y avez déjà des fonds.


Liste noire tenue par l'AMF
Liste noire tenue par l'AMF

Liste noire AMF crypto : ce que c'est précisément

La liste noire AMF est un registre public tenu par l'Autorité des marchés financiers, accessible gratuitement sur protect-epargne.amf-france.org. Elle recense les acteurs non autorisés à proposer des services financiers ou crypto en France et fait l'objet de mises à jour régulières.

Ce registre comprend plusieurs catégories distinctes que le public confond souvent : les plateformes de trading crypto non enregistrées comme PSAN, les faux conseillers en investissement, les sites imitant des acteurs régulés légitimes (clones), les services proposant des produits dérivés sur crypto sans agrément ACPR, et les forex/CFD non régulés. Chaque entrée sur la liste précise la date d'ajout, l'URL concernée, le type d'infraction présumée et la raison de la mise en garde.

En octobre 2025, plus de 270 sites figuraient sur cette liste, avec un rythme d'ajout qui s'accélère : environ 5 à 15 nouvelles entrées par mois selon les périodes, avec des pics après chaque grande vague de signalements. Cette inflation reflète moins une aggravation qu'une meilleure détection, l'AMF ayant musclé ses moyens de veille depuis 2023.

Un point fondamental à comprendre : la liste noire est réactive, pas préventive. L'AMF inscrit une plateforme après avoir reçu des signalements ou mené une investigation. Une plateforme frauduleuse créée ce mois-ci n'y figure pas encore. Cette inertie laisse une fenêtre d'opération de plusieurs semaines à plusieurs mois aux nouveaux acteurs frauduleux. C'est pour cette raison que la vérification ne doit jamais se limiter à la liste noire : la liste blanche PSAN est le seul critère véritablement fiable.


Liste blanche PSAN : le critère réellement décisif

Le registre PSAN (Prestataires de services sur actifs numériques) est la liste officielle des acteurs enregistrés ou agréés auprès de l'AMF pour fournir des services crypto en France. C'est la liste blanche, tenue également sur le site de l'AMF.

La logique est inverse de celle de la liste noire : si une plateforme n'y figure pas, elle opère sans autorisation française, et il ne faut pas investir, quel que soit l'aspect du site, la qualité des témoignages publiés, les rendements annoncés ou la notoriété internationale de la plateforme. Cette règle est absolue.

Le cas de MEXC illustre parfaitement pourquoi la liste blanche prime sur la liste noire. MEXC est l'une des plus grandes plateformes crypto au monde avec un volume quotidien dépassant un milliard d'euros. Elle a été ajoutée à la liste noire AMF en juin 2024 pour défaut d'enregistrement PSAN. Un investisseur qui aurait cherché MEXC sur la liste noire avant juin 2024 ne l'aurait pas trouvée, mais un investisseur qui aurait cherché MEXC sur la liste blanche PSAN aurait immédiatement constaté l'absence et se serait abstenu. La liste blanche offre une protection anticipée que la liste noire, par construction, ne peut pas fournir.

Ce principe vaut pour toutes les grandes plateformes internationales : notoriété et volume ne créent pas d'autorisation en France. Chaque plateforme proposant ses services à des résidents français doit être enregistrée ou agréée, indépendamment de sa taille ou de sa régulation éventuelle dans d'autres juridictions.


Évolution 2025-2026 : du PSAN à l'agrément MiCA européen

Le cadre réglementaire européen change structurellement depuis le 30 décembre 2024 avec l'entrée en vigueur complète du règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets). Cette évolution impacte directement la manière de vérifier une plateforme.

MiCA instaure un agrément unique européen, le CASP (Crypto-Asset Service Provider), qui remplace progressivement les régimes nationaux comme le PSAN français. Une plateforme agréée CASP dans un État membre peut exercer dans toute l'Union européenne via un mécanisme de passeport (passporting). Durant la phase transitoire, qui court en France jusqu'au 1er juillet 2026, les enregistrements PSAN et agréments PSAN restent valides, mais les nouveaux acteurs s'orientent vers le CASP directement.

Pour un investisseur en 2026, la vérification doit donc intégrer deux registres complémentaires :

Le registre PSAN de l'AMF, qui reste la référence pour les acteurs opérant historiquement en France.

Le registre CASP européen tenu par l'ESMA (Autorité européenne des marchés financiers), qui liste les acteurs nouvellement agréés sous MiCA. Ce registre est accessible sur le site de l'ESMA et consolide les listes nationales.

Une plateforme légitime en 2026 figure soit sur le registre PSAN français, soit sur le registre CASP d'un État membre de l'UE avec notification de passeport vers la France. Toute autre configuration doit être traitée comme suspecte.


Notre méthode de vérification en 6 étapes

Nous appliquons systématiquement cette méthode avant d'accompagner un client qui nous consulte en amont d'un investissement. Chaque étape prend moins de cinq minutes, l'ensemble moins de trente minutes pour un investissement significatif.

Étape 1 : vérification sur le registre PSAN de l'AMF. Accédez à protect-epargne.amf-france.org et entrez le nom exact de la plateforme ainsi que son URL dans le champ de recherche. Essayez plusieurs variantes : nom commercial, nom juridique, URL avec et sans le préfixe www, URL avec différentes extensions (.com, .io, .eu). Certaines plateformes sont référencées sous plusieurs identifiants. Si elle n'apparaît dans aucune variante, passez à l'étape suivante sans conclure prématurément.

Étape 2 : vérification sur la liste noire AMF. Sur le même site, consultez la liste noire. Si la plateforme y figure, arrêtez immédiatement toute démarche d'investissement et prenez les dispositions nécessaires si vous y avez déjà des fonds (voir section dédiée plus bas). Si elle n'y figure pas, ne concluez pas à la légitimité : seule la présence sur la liste blanche le garantit.

Étape 3 : vérification sur le registre CASP européen (ESMA). Depuis 2025, une plateforme peut légalement opérer en France si elle est agréée CASP dans un autre État membre et a notifié un passeport. Vérifiez sur le registre de l'ESMA (esma.europa.eu) ou directement sur les registres nationaux (BaFin en Allemagne, CNMV en Espagne, CONSOB en Italie, CSSF au Luxembourg) si la plateforme y apparaît avec une notification de passeport vers la France.

Étape 4 : vérification sur REGAFI et EBA Register. Le REGAFI est le registre français des acteurs financiers régulés par l'ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution). Il est utile si la plateforme propose des produits dérivés sur crypto, des CFD ou des services bancaires annexes. L'EBA Register (Autorité bancaire européenne) liste les établissements de monnaie électronique et les établissements de paiement européens : certaines plateformes crypto utilisent ces agréments pour leurs services fiat.

Étape 5 : vérification FCA pour les plateformes se présentant comme britanniques. Une part significative des plateformes ciblant les investisseurs français prétend être régulée par la FCA (Financial Conduct Authority) britannique. Vérifiez sur le FCA Register (register.fca.org.uk) que la plateforme y figure effectivement, et surtout que le périmètre d'autorisation couvre les services crypto, ce qui est rare. La FCA publie elle-même une liste noire des clones qui usurpent son agrément.

Étape 6 : recherche web ciblée. Tapez sur Google le nom de la plateforme suivi des mots-clés "arnaque", "avis", "scam", "review", "withdrawal problem". Consultez les forums spécialisés (Reddit r/CryptoScams, Trustpilot avec prudence, forums francophones type Cryptoast, Journal du Coin). Vérifiez l'ancienneté du nom de domaine sur whois.com : un domaine créé il y a moins de 6 mois pour une plateforme annonçant des années d'existence est un red flag majeur.

À l'issue de ces 6 étapes, l'équation est simple : présence sur liste blanche PSAN ou registre CASP avec passeport = autorisation légale (mais pas garantie de sécurité opérationnelle). Absence sur toutes les listes blanches + présence sur une liste noire ou résultats de recherche négatifs = abstention absolue. Absence sur toutes les listes blanches sans résultats de recherche négatifs = prudence extrême et abstention recommandée par défaut.


4 scénarios concrets de vérification et conduite à tenir

Quatre scénarios récurrents méritent une analyse spécifique, parce qu'ils piègent régulièrement les investisseurs.

Scénario A : plateforme absente de toutes les listes, aspect très professionnel. C'est la configuration la plus fréquente des fausses plateformes récentes. Site soigné, supports multilingues, chat en direct réactif, rendements annoncés crédibles (pas absurdes). L'absence sur les registres est compensée par un marketing de façade qui rassure l'investisseur. La règle est pourtant sans exception : absence sur les registres officiels = abstention. Aucun argument commercial ne peut compenser l'absence d'agrément réglementaire.

Scénario B : plateforme présente sur liste blanche PSAN mais avec statut "enregistrement simple" uniquement. Le PSAN distingue l'enregistrement (obligations allégées, couvre la conservation et l'achat/vente contre monnaie fiat) de l'agrément (obligations renforcées, couvre des services plus étendus). Une plateforme simplement enregistrée est légale, mais le périmètre de ses activités autorisées est limité. Vérifiez que les services que vous comptez utiliser correspondent à son périmètre d'enregistrement. Une plateforme enregistrée pour la conservation qui propose un "produit de staking à 15 % garanti" sort de son périmètre et signale une dérive.

Scénario C : plateforme présentée comme régulée par une autorité étrangère exotique. Certaines plateformes invoquent des agréments délivrés par des autorités de juridictions peu strictes : Seychelles (FSA), Saint-Vincent-et-les-Grenadines (FSA), Comores, Maurice, Dominique. Ces agréments n'ont aucune portée pour un investisseur français. Ce ne sont pas des équivalents MiCA ou PSAN. Une plateforme qui invoque ce type de régulation comme argument de confiance vers le marché français doit être considérée comme non régulée.

Scénario D : plateforme présentée comme "en cours d'agrément" ou "en transition MiCA". Argument marketing récurrent depuis 2024-2025. Certaines plateformes affichent "MiCA compliance in progress" ou "PSAN registration pending". Tant que l'agrément n'est pas délivré et publié sur le registre officiel, la plateforme opère sans autorisation. La notion de "pending" n'existe pas juridiquement. L'AMF publie d'ailleurs régulièrement des alertes sur les plateformes qui invoquent faussement un agrément en cours.


Les pièges à éviter dans la vérification elle-même

Paradoxalement, la vérification elle-même est devenue un vecteur d'arnaque secondaire. Plusieurs pièges sont à connaître.

Faux miroirs du site AMF. Des sites clones imitent l'apparence de protect-epargne.amf-france.org et prétendent offrir le même service de vérification. Les résultats qu'ils retournent sont manipulés (ils "confirment" que des plateformes frauduleuses sont régulées). Vérifiez toujours l'URL exacte : le site officiel AMF est protect-epargne.amf-france.org, avec le sous-domaine amf-france.org qui est le domaine officiel de l'Autorité des marchés financiers.

Faux registres européens. Des sites prétendent agréger les registres européens et délivrent de fausses confirmations de régulation. Les seuls registres officiels sont ceux des autorités nationales (AMF, BaFin, CNMV, FCA, FINMA, etc.) et de l'ESMA. Méfiez-vous de tout site tiers qui "vérifie pour vous".

Plateformes ayant perdu leur agrément. Une plateforme peut avoir été enregistrée PSAN puis radiée pour manquements. Le registre PSAN mentionne les radiations. Une plateforme qui invoque un agrément PSAN passé sans mentionner sa radiation actuelle doit être considérée comme ayant perdu sa légitimité.

Faux certificats d'agrément envoyés par email. Technique fréquente du démarchage téléphonique crypto : un "conseiller" envoie par email un "certificat AMF" ou un "document MiCA" au nom de la plateforme. Ces documents sont systématiquement faux. L'AMF ne délivre pas de certificat à communiquer aux clients finaux : la preuve unique d'agrément est la présence sur le registre public. Tout document transmis directement par une plateforme est dépourvu de valeur.

Numéros AMF usurpés. Certaines plateformes frauduleuses affichent un numéro d'enregistrement PSAN qui renvoie en réalité à une autre entité, parfois dissoute. Ne vous contentez pas de lire le numéro sur le site de la plateforme : cherchez ce numéro sur le registre officiel et vérifiez qu'il correspond bien à l'entité qui vous sollicite.


Cas documentés de plateformes ajoutées à la liste noire AMF

Plusieurs affaires récentes illustrent la logique opérationnelle de la liste noire et ses limites.

MEXC (juin 2024). Plateforme internationale majeure ajoutée à la liste noire pour défaut d'enregistrement PSAN. Le signal adressé aux investisseurs français est clair : même les plateformes à très forte notoriété internationale ne sont pas automatiquement légales en France. Les investisseurs français sur MEXC ont été invités à prendre leurs dispositions pour sécuriser leurs avoirs.

Bybit (alertes AMF). L'AMF a également émis des alertes concernant Bybit, plateforme inscrite en liste noire pour non-enregistrement PSAN. L'autorité a recommandé aux investisseurs français concernés d'accéder à leurs avoirs avant une éventuelle cessation forcée des services vers les résidents français. Ce type d'alerte est un signal à prendre au sérieux immédiatement, car les fenêtres de retrait peuvent se fermer sans préavis.

Les 60 plateformes démantelées par la JUNALCO (octobre 2025). L'opération de la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée en octobre 2025 a ciblé un réseau de 60 fausses plateformes opérant vers des victimes françaises. Plusieurs de ces plateformes figuraient déjà sur la liste noire AMF avant le démantèlement, ce qui signifie qu'une vérification préalable aurait protégé une partie significative des victimes. L'ampleur du préjudice total sur ces 60 plateformes se compte en millions d'euros, avec des préjudices individuels souvent supérieurs à 50 000 euros.

Ces trois cas convergent sur un enseignement : la liste noire fonctionne, à condition d'être consultée à temps. La fenêtre entre l'ajout d'une plateforme à la liste noire et sa cessation effective de services est typiquement de plusieurs semaines à plusieurs mois, période durant laquelle chaque vérification individuelle peut éviter des préjudices.


Que faire si votre plateforme vient d'être ajoutée à la liste noire

Si vous découvrez que la plateforme sur laquelle vous avez des fonds vient d'apparaître sur la liste noire AMF, le temps est compté. Voici la conduite à tenir selon votre situation.

Cas 1 : vous avez encore un accès fonctionnel et les retraits sont possibles. Retirez immédiatement l'intégralité de vos fonds vers un wallet que vous contrôlez ou vers une plateforme régulée PSAN. Ne laissez pas passer cette fenêtre. L'inscription sur liste noire précède souvent une cessation contrainte de services vers les résidents français, qui peut intervenir sans préavis utile. Une heure perdue peut être une heure de trop.

Cas 2 : vos retraits sont déjà bloqués ou partiellement bloqués. Passez immédiatement en mode constitution de dossier. Documentez tout : captures d'écran datées du site, de votre espace client, de vos demandes de retrait refusées, des échanges avec le support. Relevez l'intégralité de vos TXID d'entrée et l'adresse de dépôt utilisée. Engagez la vérification de vos contrats d'assurance (protection juridique notamment) et préparez le dépôt de plainte. La présence de la plateforme sur la liste noire AMF est un élément aggravant à faire figurer dans votre plainte.

Cas 3 : on vous demande de payer des "frais" pour débloquer vos retraits. Ne payez aucun frais, sans aucune exception. Aucune plateforme inscrite en liste noire ne délivrera vos fonds contre paiement de frais. Ces demandes constituent une arnaque secondaire qui aggravera votre préjudice sans aucun bénéfice. Conservez la demande écrite comme pièce du dossier pénal.

Cas 4 : vous êtes démarché par un "récupérateur de fonds" qui a vu la plateforme en liste noire. Méfiance absolue. Des réseaux d'arnaqueurs secondaires scrutent les listes noires pour démarcher les victimes supposées. Ils se présentent comme avocats, hackers éthiques ou anciens enquêteurs. Ils exigent un paiement préalable en crypto ou vers un IBAN personnel. Ce sont systématiquement des arnaques. Un vrai cabinet ne démarche pas ses clients.

Pour la procédure complète des 24 premières heures, consultez notre article que faire dans les 24 heures suivant une arnaque crypto. Pour la méthode de constitution d'une plainte recevable, consultez notre article comment déposer plainte efficacement.


Signaler une plateforme qui devrait figurer sur la liste noire

Si vous identifiez une plateforme frauduleuse qui ne figure pas encore sur la liste noire AMF, votre signalement contribue directement à la protection des futurs investisseurs. Plusieurs canaux coexistent :

Le formulaire de signalement sur amf-france.org, rubrique "Signaler une escroquerie". Il prend moins de 10 minutes et peut déclencher une investigation.

La plateforme PHAROS du ministère de l'Intérieur (internet-signalement.gouv.fr) pour tout contenu illicite ciblant des résidents français.

La DGCCRF pour les pratiques commerciales trompeuses, si la plateforme a utilisé des arguments commerciaux mensongers.

Tracfin, via votre banque, si vous avez identifié un circuit de blanchiment suspect associé à la plateforme.

Les signalements contribuent collectivement à l'alimentation des bases de données qui permettent aux juridictions spécialisées (BEFTI, OCLCTIC, JUNALCO) de cartographier les réseaux et de déclencher des opérations d'envergure.


Ce que fait concrètement notre cabinet face à une plateforme en liste noire

Notre intervention s'articule autour de trois axes opérationnels.

En amont, nous vérifions systématiquement le statut réglementaire de la plateforme concernée sur l'ensemble des registres pertinents : PSAN français, registre CASP européen, REGAFI, FCA Register, autorités homologues dans les juridictions invoquées. Cette vérification initiale oriente directement la qualification du dossier.

Lorsque la plateforme figure sur la liste noire AMF ou n'est pas enregistrée PSAN, nous intégrons cet élément dans le rapport de traçage blockchain produit pour le dossier. Cette présence constitue un élément probatoire important dans la plainte, qui caractérise l'élément intentionnel de l'infraction (la plateforme opérait sciemment sans autorisation) et oriente le dossier vers la qualification appropriée.

Nous reconstituons la chaîne complète des fonds : versement bancaire initial, conversion éventuelle en crypto sur un exchange PSAN légitime, transfert vers la plateforme frauduleuse, sortie de la plateforme vers les circuits de blanchiment, identification des points KYC atteints. Ce rapport est exploitable directement par votre avocat et par les services d'enquête saisis.

Si votre plateforme figure sur la liste noire AMF mais que les fonds sont déjà intégralement mixés et hors d'atteinte des points KYC, nous le disons clairement avant toute prestation. La présence sur la liste noire renforce la qualification pénale mais ne garantit pas la récupération matérielle des fonds.


FAQ sur la liste noire AMF crypto : 10 questions précises

Une plateforme absente de la liste noire AMF est-elle automatiquement légitime ? Non. La liste noire ne contient que les acteurs déjà signalés et investigués. Une plateforme frauduleuse récente peut ne pas y figurer, faute de détection encore réalisée. Le seul critère fiable de légitimité est la présence sur la liste blanche PSAN de l'AMF ou sur le registre CASP européen avec notification de passeport vers la France.

Quelle différence entre enregistrement PSAN et agrément PSAN ? L'enregistrement PSAN concerne les services de conservation d'actifs numériques et d'achat/vente contre monnaie fiat. Il impose des obligations de lutte contre le blanchiment et la conformité KYC. L'agrément PSAN couvre un périmètre plus large (exploitation de plateforme de négociation, conseil, gestion de portefeuille) avec des obligations renforcées (fonds propres, dispositifs de contrôle). Une plateforme simplement enregistrée est légale dans son périmètre, mais pas au-delà.

Le règlement MiCA remplace-t-il totalement le PSAN en 2026 ? Progressivement. MiCA instaure l'agrément CASP européen qui est, à terme, la référence unique. En France, la phase transitoire prévoit la coexistence des agréments PSAN et CASP jusqu'au 1er juillet 2026, date à laquelle les enregistrements PSAN simples arrivent à échéance. Les plateformes doivent basculer sur le régime MiCA pour continuer à opérer. Cette évolution est à surveiller pour les investisseurs ayant des fonds sur plateforme française.

Une plateforme agréée CASP en Allemagne peut-elle opérer en France ? Oui, à condition d'avoir notifié un passeport européen vers la France. Cette notification est vérifiable sur le registre ESMA et sur le registre français AMF (section passeports entrants). Une plateforme qui invoque un agrément CASP sans notification de passeport ne peut pas légalement démarcher de résidents français.

Comment vérifier une plateforme qui se présente comme régulée aux Seychelles ou à Saint-Vincent ? La réponse courte : ces régulations n'ont aucune portée pour un investisseur français. Elles ne correspondent à aucun standard européen et ne fournissent aucune protection en cas de litige. Une plateforme qui invoque ce type d'agrément vers le marché français doit être considérée comme non régulée.

Que faire si ma plateforme invoque un "agrément en cours" ou "MiCA pending" ? Abstention. Tant que l'agrément n'est pas délivré et publié sur le registre officiel, la plateforme opère sans autorisation. La notion juridique de "agrément pending" n'existe pas : soit l'agrément est délivré, soit il ne l'est pas. L'invoquer comme argument de confiance est un signal de dérive commerciale.

Les rendements fixes garantis sont-ils compatibles avec un enregistrement PSAN ? Non, sauf cas très spécifiques (produits assurantiels crypto régulés). Un acteur PSAN qui promet des rendements fixes sur staking, yield farming ou "trading automatisé" dépasse structurellement le périmètre de l'enregistrement. L'AMF a publié plusieurs alertes spécifiques sur ce type de dérive.

Les faux numéros PSAN circulent-ils dans les démarchages ? Oui, fréquemment. Un "conseiller" peut communiquer un numéro PSAN qui existe réellement mais appartient à une autre entité, parfois dissoute. La vérification sur le registre officiel ne consiste pas à constater l'existence du numéro, mais à vérifier que le numéro correspond bien à l'entité qui vous sollicite, sous son nom commercial exact.

Puis-je me fier aux certificats d'agrément qu'une plateforme m'envoie directement par email ? Non. L'AMF ne délivre pas de certificats d'agrément à communiquer aux clients finaux. La seule preuve d'agrément est la présence sur le registre public. Tout document transmis directement par une plateforme au titre de son "agrément" est sans valeur juridique, et son envoi est souvent un signal de tentative de tromperie.

Combien de temps faut-il à l'AMF pour ajouter une plateforme à la liste noire après signalement ? Variable. La fenêtre typique est de quelques semaines à quelques mois selon la complexité de l'investigation et la coopération avec les autorités des pays où la plateforme est hébergée. Cette inertie est la principale limite opérationnelle de la liste noire et justifie qu'on ne s'y fie pas seule : la liste blanche reste le critère décisif.


Ce qu'il faut retenir avant tout investissement

Trois règles synthétisent tout ce qui précède et méritent d'être retenues comme protocole invariant.

La liste blanche PSAN et le registre CASP européen sont les seuls critères de légitimité. L'absence sur une liste noire ne vaut pas autorisation. La présence sur une liste blanche officielle est la condition minimale (non suffisante mais nécessaire).

La vérification croisée sur plusieurs registres prend moins de 30 minutes. Cette durée est rigoureusement sans commune mesure avec les mois de procédures que génère une arnaque crypto. Le rapport coût/bénéfice de la vérification préalable est le plus favorable de tous les gestes préventifs disponibles.

L'inscription sur liste noire est un signal d'action immédiate, pas une alerte théorique. Si votre plateforme y figure alors que vous y avez des fonds, l'action doit être engagée dans les heures qui suivent, pas les jours. Retrait immédiat si accessible, constitution de dossier si bloqué, plainte dans les 72 heures.


Nous vérifions votre dossier face aux registres officiels

Notre cabinet réalise la vérification complète du statut réglementaire des plateformes concernées dans chaque dossier et intègre ce diagnostic au rapport de traçage blockchain. Cette vérification technique renforce la qualification pénale et oriente la stratégie juridique vers les voies les plus adaptées.

Si votre plateforme figure déjà sur la liste noire AMF, votre dossier est opérationnellement plus solide, et nous vous aidons à constituer les éléments probants utiles. Si elle n'y figure pas encore, nous vous accompagnons dans le signalement AMF qui pourra protéger les prochaines victimes et renforcer votre propre dossier.


Si le dossier n'offre pas de perspective forensic exploitable malgré une présence sur liste noire, nous vous le disons clairement avant toute prestation.

Prenez rendez-vous pour une première consultation gratuite pour évaluer votre dossier et vos options de recours.


Sources : AMF, liste noire des sites non autorisés (mise à jour permanente sur protect-epargne.amf-france.org) ; AMF, alertes Bybit et MEXC (2024) ; Parquet JUNALCO, communiqué officiel relatif aux opérations d'octobre 2025 ; ESMA, registre public CASP sous règlement MiCA ; Règlement européen MiCA 2023/1114 ; Code monétaire et financier, articles L. 54-10-1 et suivants ; FCA Register (register.fca.org.uk) ; EBA Register

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