Victime d'une arnaque crypto : que faire dans les premières 24 heures ?
- 13 avr.
- 13 min de lecture
Dernière mise à jour : 28 avr.
Ce que vous devez savoir avant de lire cet article
Vous venez de comprendre qu'une fraude crypto vous a coûté de l'argent. Peut-être une plateforme frauduleuse qui ne vous laisse plus retirer vos fonds. Peut-être un "conseiller" en qui vous avez eu confiance. Peut-être un wallet vidé en quelques secondes après une signature de transaction qui semblait anodine.
La découverte est brutale. Mais ce que vous faites dans les 24 prochaines heures va largement déterminer ce qui sera encore possible dans les prochains mois.
Ce guide est notre protocole d'urgence, celui que nous recommandons en consultation gratuite aux victimes qui nous contactent dans la panique. Il vous donne la séquence exacte d'actions à engager, heure par heure, sans ordre superflu. Vous pouvez l'appliquer vous-même, sans professionnel, dès maintenant.
Lecture : 10 minutes. Passez ensuite à l'action immédiatement.

Pourquoi les 24 premières heures comptent plus que les 3 mois suivants
Avant de vous donner les actions concrètes, un point essentiel. Les arnaques crypto ne fonctionnent pas comme les autres fraudes. Avec un vol classique ou une fraude bancaire, le temps joue plutôt pour vous : l'enquête peut se dérouler sur des mois, les preuves ne disparaissent pas, les auteurs restent identifiables.
Avec une fraude crypto, c'est l'inverse. Le temps travaille contre vous de manière très concrète :
Les escrocs déplacent et fragmentent vos fonds dans les 4 à 48 heures suivant leur réception
Les sites frauduleux sont souvent fermés ou modifiés dans les 72 heures (perte de preuves)
Les comptes Telegram, WhatsApp et emails des escrocs sont supprimés en quelques jours
Les délais de chargeback bancaire sont limités (60 à 120 jours selon le type de carte)
La fenêtre de gel de fonds sur les exchanges est de 24 à 72 heures dans la plupart des cas
Au-delà de 72 heures, la probabilité de récupération chute fortement. Au-delà de deux semaines, elle devient exceptionnelle. C'est pourquoi cet article est organisé de manière chronologique : heure par heure, ce qu'il faut faire dans le bon ordre.
De H+0 à H+1 : les premières actions d'urgence après une arnaque crypto
Dans la première heure après la découverte, une seule priorité : arrêter que les choses empirent. Pas encore d'action sur la récupération, pas encore de plainte. Juste stopper l'hémorragie.
Arrêter tous les paiements et couper les contacts
Si vous êtes encore en contact avec la personne ou la plateforme qui vous a arnaqué, n'envoyez plus un euro, une crypto, rien, quelle que soit la pression exercée.
Les escrocs vont intensifier la pression dans les heures qui suivent votre prise de conscience. Ils vont vous promettre le déblocage de vos fonds contre un dernier paiement : "frais de déblocage", "taxe anti-blanchiment", "caution de retrait", "vérification KYC supplémentaire". Chaque paiement supplémentaire est perdu à 100%. Ce n'est pas un dernier obstacle, c'est une arnaque en elle-même.
Coupez tous les contacts directs : ne répondez plus aux appels, emails, messages WhatsApp ou Telegram liés à la fraude. Mais ne supprimez rien : ces échanges sont vos preuves principales.
Si les escrocs vous recontactent depuis un nouveau numéro ou un nouveau profil (ça arrivera dans les 48h, sous l'identité d'un faux avocat, faux agent AMF ou fausse société de récupération), ne répondez pas et documentez ces tentatives. Elles seront utiles au dossier.
Wallet compromis : agir en 10 minutes pour limiter les pertes
Si l'arnaque implique une signature de transaction ou un partage de votre seed phrase, votre wallet est compromis. Chaque minute supplémentaire peut aggraver les pertes.
Actions à faire dans les 10 minutes :
Ouvrez Revoke.cash dans votre navigateur (pour les wallets Ethereum/BSC/Polygon)
Connectez votre wallet compromis
Révoquez toutes les approbations de tokens sans exception, même celles qui semblent légitimes
Une fois les approbations révoquées, transférez immédiatement tous les actifs résiduels vers un nouveau wallet créé pour l'occasion, avec une nouvelle seed phrase
Pour les wallets Solana : utilisez l'onglet "Token Access" de Solscan. Pour TON (Tonkeeper) : révoquez depuis l'application elle-même dans "Paramètres → Applications connectées".
Si votre seed phrase a été partagée (phishing, faux support technique), considérez le wallet comme définitivement mort. Même après révocation, créez un nouveau wallet et abandonnez l'ancien.
De H+1 à H+6 : sécuriser tous vos accès numériques
Dans les 5 heures qui suivent, l'objectif est d'empêcher les escrocs d'étendre leur accès à d'autres comptes ou services que ceux déjà compromis.
Changer les mots de passe dans le bon ordre
Tous les mots de passe ne se valent pas. Commencez par les plus critiques :
Priorité 1 — Votre email principal. C'est la clé maîtresse de tous vos autres comptes (via les fonctions "mot de passe oublié"). Changez-le depuis un appareil sûr, activez l'authentification à deux facteurs par application (Google Authenticator, Authy), jamais par SMS. Vérifiez l'historique des connexions et déconnectez tous les appareils inconnus.
Priorité 2 — Vos comptes bancaires et financiers. Changez les mots de passe d'accès à vos espaces bancaires en ligne, activez la double authentification, surveillez les 30 derniers jours de transactions pour repérer d'éventuels débits inhabituels.
Priorité 3 — Vos comptes sur exchanges crypto légitimes. Binance, Coinbase, Kraken, ou tout autre exchange où vous avez des fonds non compromis. Changez les mots de passe, activez la 2FA par application, vérifiez l'historique des retraits des 30 derniers jours.
Priorité 4 — Vos réseaux sociaux et communications. Tous les comptes où vous avez interagi avec les escrocs ou qui pourraient contenir des informations utilisables contre vous.
Si un logiciel de prise en main à distance (TeamViewer, AnyDesk, Supremo) a été installé pendant l'arnaque, désinstallez-le immédiatement et faites analyser votre machine par un antivirus professionnel. Certaines arnaques impliquent l'installation de malwares persistants qui continuent de surveiller votre activité.
Contacter votre banque en cas de virement ou paiement par carte
Si vous avez envoyé de l'argent par virement bancaire ou carte bancaire vers la plateforme frauduleuse, contactez votre banque dans les 6 premières heures. Les délais réels d'action bancaire sont beaucoup plus courts que les délais théoriques.
Demandez explicitement :
Un rappel de virement si le transfert SEPA est de moins de 48h (procédure appelée "R-transaction")
Une procédure de chargeback si vous avez payé par carte bancaire (Visa : 120 jours, Mastercard : 120 jours, American Express : 60 jours en général)
Le blocage préventif de votre carte si vous pensez que vos coordonnées bancaires ont été compromises
Article L133-24 du Code monétaire et financier : vous disposez légalement de 13 mois pour signaler une opération non autorisée à votre banque. La Cour de cassation a confirmé en juillet 2025 que ce signalement préserve votre droit d'agir en justice même bien après. Mais en pratique, plus vous êtes rapide, plus les actions bancaires ont des chances d'aboutir.
Si votre conseiller refuse d'agir ou vous dit "on ne peut rien faire avec la crypto", demandez à parler au service fraude de votre banque (souvent accessible via un numéro différent du conseiller habituel). Ce service est formé aux escroqueries et dispose de procédures d'urgence.
De H+6 à H+12 : documenter votre dossier d'arnaque crypto
Les 6 heures suivantes sont dédiées à la documentation. C'est l'étape la plus sous-estimée par les victimes — et la plus décisive pour la suite. Une plainte sans preuves exhaustives est systématiquement classée sans suite.
Capturer toutes les preuves numériques avant qu'elles disparaissent
Les sites frauduleux ferment en 72h, les comptes Telegram sont supprimés, les emails sont parfois envoyés depuis des services jetables. Capturez tout maintenant, pas demain.
Ce qu'il faut systématiquement capturer :
Toutes les conversations avec les escrocs : WhatsApp, Telegram, emails, SMS, messages privés sur les réseaux sociaux. Utilisez l'extension de navigateur "Page Screenshot" ou "Awesome Screenshot" qui intègre la date et l'heure dans chaque capture. Pour les conversations WhatsApp, utilisez la fonction "Exporter la discussion" qui conserve tous les messages dans un fichier texte.
Toutes les pages web impliquées : la plateforme frauduleuse, les profils des escrocs, les formulaires utilisés pour saisir vos identifiants. Capturez en pleine page (pas juste l'écran visible) pour garder tout le contenu.
Vos transactions blockchain : pour chaque transaction envoyée, copiez les TXID (identifiants de transaction). Sur Ethereum, un TXID commence par "0x" suivi de 64 caractères. Ces identifiants sont essentiels au traçage ultérieur. Vous les trouvez sur Etherscan, BscScan, Solscan selon la blockchain, ou dans l'historique de votre wallet/exchange.
Les adresses de wallets impliqués : votre adresse d'envoi et toutes les adresses de destination. Ces adresses sont la base de tout rapport de traçage blockchain ultérieur.
Vos justificatifs financiers : relevés bancaires montrant les virements, captures d'écran de vos historiques d'exchanges, tickets de paiement le cas échéant.
Organiser le dossier dans une arborescence claire
Créez un dossier sur votre ordinateur nommé "Arnaque_crypto_[date]". Sous-dossiers :
01_Transactions : tous les TXID et captures blockchain
02_Wallets : adresses des wallets impliqués
03_Conversations : captures des échanges, par interlocuteur
04_Sites : captures des sites frauduleux
05_Identites : profils, noms, emails, téléphones des escrocs
06_Banque : relevés, justificatifs de virement
07_Autres : contrats, mentions légales, tout document envoyé
Sauvegardez ce dossier sur trois supports différents : disque dur interne, cloud chiffré (Proton Drive ou équivalent), et clé USB. Les documents numériques peuvent disparaître d'un disque défaillant. Un dossier mal sauvegardé peut vous coûter une procédure.
De H+12 à H+24 : porter plainte et lancer le traçage blockchain
Les 12 dernières heures sont dédiées au signalement officiel et à la mobilisation des leviers techniques. C'est là que votre dossier prend une dimension juridique.
Déposer plainte dans les bons canaux (commissariat, PHAROS, AMF)
Les canaux de dépôt ne se valent pas. Un commissariat généraliste traitera votre plainte "arnaque crypto" comme n'importe quelle escroquerie, souvent sans expertise technique. Privilégiez les canaux spécialisés.
Canal prioritaire — Commissariat ou gendarmerie avec dossier complet : contrairement à ce qu'on peut lire, les escroqueries sur faux site d'investissement crypto ne relèvent pas du périmètre de la plateforme THESEE en ligne. Le dépôt doit se faire physiquement en commissariat ou gendarmerie, avec votre dossier documenté imprimé. Demandez explicitement un procès-verbal de plainte (pas un simple signalement ou une main courante). Si l'agent refuse, utilisez le recours par courrier recommandé directement au procureur de la République.
Canal complémentaire — PHAROS (internet-signalement.gouv.fr) : pour signaler le site frauduleux et obtenir sa fermeture. Complémentaire à la plainte physique, prend 15 minutes.
Canal complémentaire — AMF (amf-france.org, section "Épargnants → Signaler une irrégularité") : si la plateforme se présentait comme un service d'investissement. L'AMF dispose de pouvoirs d'enquête spécifiques et peut inscrire le site sur sa liste noire publique.
Pour éviter le classement sans suite, notre guide complet pour déposer plainte arnaque crypto détaille la méthode de rédaction qui transforme une plainte "classable" en plainte "instruisable".
Initier le traçage blockchain pour identifier les fonds
C'est l'action qui a le plus fort impact sur la suite. Un rapport de traçage blockchain crypto permet de :
Identifier les wallets intermédiaires utilisés pour brouiller les pistes
Localiser les points d'atterrissage finaux des fonds (exchanges, wallets, mixers)
Préparer les réquisitions judiciaires vers les exchanges identifiés
Produire un document technique exploitable en justice
Plus le traçage est lancé tôt, plus les chances d'identifier des points d'atterrissage actionnables sont élevées. Les victimes qui font réaliser un traçage dans les 48 premières heures ont significativement plus de chances d'obtenir un gel conservatoire sur un exchange coopératif.
Notre cabinet peut lancer un traçage immédiatement après une consultation gratuite de 30 minutes qui valide la pertinence technique de l'analyse.
Mobiliser votre entourage pour éviter une seconde arnaque
Dernier point souvent négligé : prévenez votre entourage proche. Conjoint, famille, collègues de confiance. Non pas pour obtenir du soutien (bien que ce soit utile), mais pour vous protéger de la seconde arnaque.
Dans les 48 à 72 heures qui suivent, vous allez être recontacté par de faux "spécialistes en récupération", de faux "avocats", de faux "agents AMF", de faux "enquêteurs". Ils connaissent votre nom, votre numéro, parfois même les détails de votre arnaque initiale (vendus par les escrocs originaux). Ils vont vous proposer de récupérer vos fonds contre paiement.
Aucun de ces contacts n'est légitime. Votre entourage peut vous aider à garder la tête froide face à ces tentatives, particulièrement si vous êtes en état de stress ou de désespoir financier.
Les 7 erreurs qui ruinent les chances de récupération dans les 24 premières heures
Au-delà des bonnes actions, voici les erreurs que nous voyons le plus fréquemment chez les victimes arnaque crypto qui se demandent que faire, et qui annulent tous leurs efforts.
Erreur 1 — Payer les "frais de déblocage" : systématiquement perdus, sans exception. Même si les escrocs promettent que c'est le dernier obstacle.
Erreur 2 — Supprimer les preuves par honte ou colère : conserver chaque message, chaque email, chaque capture. Les supprimer tue votre dossier.
Erreur 3 — Attendre "de voir comment ça évolue" : les fonds bougent en heures, pas en jours. Attendre équivaut à perdre définitivement les options techniques.
Erreur 4 — Se confier publiquement sur les réseaux sociaux : chaque témoignage public alimente les bases des recovery scammers qui vous contacteront avec de fausses promesses de récupération.
Erreur 5 — Accepter l'aide d'un "spécialiste" qui vous contacte spontanément : 95% de ces contacts sont des arnaques secondaires. Les vrais professionnels ne démarchent pas les victimes fraîchement arnaquées.
Erreur 6 — Aller directement à l'avocat avant d'avoir documenté : un avocat a besoin de votre dossier technique structuré pour agir efficacement. Constituez les preuves d'abord, consultez ensuite.
Erreur 7 — Céder au découragement et ne rien faire : une plainte même tardive, une documentation même imparfaite, valent toujours mieux que l'inaction. Ne vous laissez pas paralyser par la honte ou la sidération.
Que se passe-t-il après les 24 premières heures ?
Une fois les actions d'urgence terminées, vous entrez dans une phase plus longue de gestion du dossier. Voici ce à quoi vous attendre dans les semaines et mois qui suivent.
Semaine 1 à 2 : numéro de procédure et premiers retours :
réception du numéro de procédure judiciaire, premiers retours de votre banque sur le chargeback si applicable, lancement du traçage blockchain si commandé. Gardez une trace de tous les documents officiels reçus.
Mois 1 à 3 : examen de la plainte et réquisitions judiciaire :
le parquet examine votre plainte et décide d'ouvrir ou non une enquête. Si un traçage a identifié des points d'atterrissage actionnables (exchanges coopératifs), c'est la période où les réquisitions judiciaires peuvent aboutir à un gel.
Mois 3 à 12 : enquête préliminaire et coopération internationale :
enquête préliminaire si ouverte, coopération internationale si nécessaire via Europol ou Interpol. C'est une phase où votre dossier peut être recoupé avec d'autres plaintes similaires, créant un dossier collectif plus solide.
Au-delà de 12 mois : indemnisation des victimes :
si des saisies judiciaires ont eu lieu, procédures d'indemnisation des victimes. Ces procédures sont longues (parfois 3-5 ans) mais peuvent aboutir à une restitution partielle.
Gardez en tête que même si la récupération financière est incertaine, votre action contribue à démanteler les réseaux criminels. Chaque plainte alimente les bases d'enquête, chaque traçage enrichit les outils collectifs, chaque signalement AMF aide à inscrire les plateformes frauduleuses sur les listes noires qui protègent les futures victimes.
Questions fréquentes : victime arnaque crypto, que faire dans l'urgence ?
J'ai réalisé l'arnaque il y a seulement 1 heure. Par quoi commencer exactement ?
Dans cet ordre : (1) ne payez plus rien, quelle que soit la pression, (2) si votre wallet est compromis, révoquez les approbations via Revoke.cash dans les 10 minutes et transférez les actifs résiduels vers un nouveau wallet, (3) changez votre mot de passe email en priorité absolue, (4) contactez votre banque si vous avez utilisé un virement ou une CB. Le reste (documentation, plainte, traçage) vient dans les 24 heures qui suivent.
J'ai réalisé l'arnaque il y a 10 jours, est-il trop tard ?
Non, mais certaines fenêtres se sont refermées. La fenêtre de gel conservatoire sur les exchanges est généralement dépassée. En revanche, vous avez encore accès à la procédure de chargeback bancaire (60 à 120 jours selon la carte), vous pouvez toujours déposer plainte efficacement (en particulier si votre dossier est bien documenté), et un traçage blockchain reste pertinent pour constituer un dossier judiciaire solide. Agissez maintenant, pas demain.
Dois-je d'abord porter plainte ou d'abord faire un traçage blockchain ?
Idéalement les deux en parallèle, mais si vous devez choisir : le traçage blockchain d'abord. Une plainte sans rapport de traçage est classée 70% du temps. Une plainte avec rapport de traçage joint dès le dépôt passe devant les autres dossiers et est instruite dans la majorité des cas. Le traçage transforme radicalement la recevabilité de votre plainte.
Puis-je vraiment récupérer mon argent après une arnaque crypto ?
Honnêtement, les chances sont faibles dans la majorité des cas — entre 5 et 15% selon le type d'arnaque et le délai d'action. Mais elles ne sont pas nulles, et elles dépendent fortement de ce que vous faites dans les 24 premières heures. Notre article détaillé sur récupérer son argent après arnaque crypto analyse précisément les facteurs qui déterminent vos chances.
Mon conjoint m'a arnaqué, puis-je porter plainte ?
Oui, et c'est même parfois le cas le plus facile à traiter techniquement (l'auteur est identifié). Une plainte pour escroquerie ou abus de confiance est recevable contre un conjoint ou un proche. Les procédures civiles (assignation, saisie) sont également plus simples quand l'auteur est identifié. Consultez un avocat spécialisé en droit du numérique pour cadrer la procédure.
Les arnaqueurs m'ont recontacté en se faisant passer pour la police, que faire ?
C'est un schéma ultra-classique : les escrocs initiaux se présentent sous une nouvelle identité (police, AMF, avocat, société de récupération) pour soutirer plus d'argent. Ne payez rien, ne partagez aucun nouvel identifiant, ne rappelez jamais le numéro fourni. La vraie police ne demande jamais de paiement par téléphone. Si un doute subsiste, appelez directement votre commissariat local avec son numéro officiel pour vérifier.
Je suis à l'étranger, puis-je quand même agir depuis là où je suis ?
Oui. Si vous êtes résident français, la plainte est recevable en France quel que soit le lieu où vous vous trouvez physiquement. Vous pouvez envoyer votre plainte par courrier recommandé international au procureur de la République de votre dernier domicile. Le traçage blockchain et les procédures bancaires peuvent également être initiés à distance.
J'ai honte, mon entourage ne sait pas que j'ai été arnaqué. Puis-je gérer ça seul ?
Techniquement oui, mais c'est fortement déconseillé. Le choc émotionnel d'une arnaque crypto est réel et bien documenté psychologiquement. Les victimes qui gèrent seules prennent souvent des décisions moins rationnelles, cèdent plus facilement aux recovery scammers, et développent des séquelles psychologiques plus durables. Parlez au minimum à une personne de confiance, même sans tout détailler. Des associations comme France Victimes peuvent aussi vous accompagner gratuitement.
Combien coûte une consultation avec un cabinet spécialisé comme le vôtre ?
Notre consultation initiale de 30 minutes est entièrement gratuite et sans engagement. Elle permet d'évaluer votre situation, d'identifier les actions prioritaires, et de vous dire honnêtement si un traçage blockchain a des chances d'aboutir dans votre cas. Si nous estimons qu'un rapport payant ne vous servirait à rien, nous vous le disons en consultation sans vous facturer quoi que ce soit.
Que faire si ma banque refuse de faire le chargeback ?
Trois recours dans l'ordre : (1) demandez une réponse écrite du refus avec le motif précis, (2) saisissez le médiateur bancaire de votre établissement (démarche gratuite, réponse sous 90 jours), (3) si le médiateur confirme le refus et que vous estimez qu'il est abusif, saisissez l'ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, régulateur bancaire français). La DSP2 oblige les banques à rembourser les paiements non autorisés dans la plupart des cas, et la jurisprudence évolue favorablement pour les victimes.
Conclusion : passer à l'action maintenant, pas demain
Les premières 24 heures après la découverte d'une arnaque crypto déterminent 70% de ce qui sera possible par la suite. La séquence d'actions que nous venons de détailler — stopper l'hémorragie, sécuriser les accès, documenter exhaustivement, signaler aux autorités, initier le traçage — n'est ni compliquée ni coûteuse. Elle demande simplement de la méthode et de la rapidité.
Si vous venez de découvrir l'arnaque et que vous êtes en état de sidération, ne restez pas seul face à la situation. Reprenez ce guide point par point. Faites une action, puis la suivante. En quelques heures, vous aurez sécurisé votre situation et constitué un dossier qui maximise vos chances de recours.
Et surtout, rappelez-vous la règle absolue : aucun "spécialiste en récupération" qui vous contacte spontanément n'est légitime. Tout paiement supplémentaire est perdu. Les vraies démarches ne coûtent rien (plainte, signalement AMF, PHAROS) ou ont un coût transparent annoncé à l'avance (traçage blockchain autour de 990 €).
Si vous souhaitez être guidé par un cabinet spécialisé dans l'application de ce protocole d'urgence, notre consultation initiale est gratuite et vous permet de savoir précisément quelles actions ont le plus d'impact dans votre cas précis.
Vous venez d'être victime d'une arnaque crypto et vous vous demandez que faire exactement dans votre situation ?
Notre consultation téléphonique gratuite de 30 minutes permet d'évaluer l'urgence de votre dossier, d'identifier les actions prioritaires qui n'ont pas encore été engagées, et de vérifier la faisabilité d'un traçage blockchain. Vous sortez de la consultation avec une check-list personnalisée des 5 prochaines actions à mener.



Commentaires