Comment signaler une arnaque crypto en France : PHAROS, AMF, BEFTI (méthode complète)
- 14 avr.
- 13 min de lecture
Ce que vous devez savoir avant de lire cet article
Quand on est victime d'une arnaque crypto, le premier réflexe est souvent de chercher "où porter plainte". La réponse est bien plus nuancée que ce qu'on lit habituellement : en France, six autorités différentes ont des rôles complémentaires dans la lutte contre les fraudes crypto, et les solliciter dans le mauvais ordre peut considérablement réduire l'efficacité de vos démarches.
Cet article est le guide complet du signalement arnaque crypto en France. Pour chaque autorité, vous saurez précisément : ce qu'elle fait, ce qu'elle ne fait pas, comment la contacter, et à quel moment de votre parcours la solliciter. À la fin, vous aurez la séquence exacte à suivre pour maximiser l'impact de votre signalement.
Lecture : 10 minutes. C'est l'article de référence pour cadrer votre parcours de signalement.
Si vous êtes actuellement dans les premières heures après la découverte d'une arnaque, commencez plutôt par notre guide des premières 24 heures qui couvre aussi les actions non-institutionnelles à mener en parallèle.

Pourquoi signaler arnaque crypto France est stratégique (au-delà de votre dossier individuel)
Un signalement isolé a un impact limité. Mais des dizaines de plaintes qui convergent sur le même réseau frauduleux déclenchent des investigations d'envergure. C'est précisément ce qui s'est passé dans l'affaire JUNALCO d'octobre 2025 : l'opération internationale qui a abouti à 9 arrestations simultanées en Europe et au démantèlement d'un réseau à 700 millions de dollars a démarré en 2023 par la remontée de nombreuses plaintes de victimes françaises.
Chaque signalement que vous effectuez contribue à constituer le dossier qui permet aux autorités d'agir collectivement. C'est à la fois un acte individuel — pour défendre vos droits et espérer une récupération — et un acte collectif qui protège les futures victimes potentielles.
Cette dimension double est essentielle à comprendre : même si vos chances personnelles de récupération sont faibles, votre plainte a une valeur réelle dans la lutte contre les réseaux. Les victimes qui ne signalent pas condamnent non seulement leur propre dossier (classement sans suite automatique en l'absence de signalement), mais privent aussi les autorités d'un maillon dans la constitution de dossiers plus larges.
Autorité 1 — Le commissariat ou la gendarmerie : le signalement prioritaire
Pour signaler arnaque crypto France, la première démarche à engager est le dépôt de plainte auprès des forces de l'ordre. C'est la plus importante, car elle déclenche officiellement une procédure pénale et permet la transmission aux services spécialisés.
Où déposer plainte exactement ?
Rendez-vous au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie de votre lieu de résidence. Contrairement à une idée reçue, vous n'avez pas besoin de vous rendre dans la juridiction où les faits se sont produits — qui serait souvent à l'étranger dans le cas des arnaques crypto. Le critère de compétence territoriale retenu est votre domicile.
Si on tente de vous orienter vers un autre commissariat ou de vous dire "ce n'est pas de notre compétence", insistez. Le dépôt de plainte est un droit absolu que personne ne peut vous refuser. Demandez explicitement un procès-verbal de plainte, pas une simple main courante ou un signalement.
Comment maximiser l'impact de votre plainte
Présentez-vous avec un dossier complet et imprimé :
Captures d'écran de tous les échanges avec les escrocs (WhatsApp, Telegram, emails, SMS)
Identifiants de transactions blockchain (TXID) de tous les transferts effectués
Justificatifs de virements bancaires et relevés de compte
Coordonnées des interlocuteurs frauduleux (noms utilisés, numéros, emails)
Captures d'écran de la plateforme frauduleuse
Rapport de traçage blockchain crypto si vous en avez fait réaliser un
Un dossier bien documenté évite le classement sans suite. Notre article spécialisé déposer plainte arnaque crypto détaille précisément comment structurer ce dossier pour passer le filtre du parquet.
Plainte simple ou constitution de partie civile ?
Pour les montants importants (généralement supérieurs à 10 000 €), la plainte avec constitution de partie civile est significativement plus efficace : elle saisit directement un juge d'instruction et ouvre obligatoirement une information judiciaire. Elle nécessite le versement d'une consignation (généralement 500 à 2 000 €) et l'assistance d'un avocat, mais garantit qu'une enquête sera menée, là où une plainte simple peut être classée sans suite.
Point important sur THESEE
Contrairement à une idée reçue, la plateforme en ligne THESEE (Traitement Harmonisé des Enquêtes et Signalements pour les E-escroqueries) ne couvre pas les escroqueries sur faux sites d'investissement en cryptomonnaie. Les arnaques crypto d'investissement doivent être déposées physiquement en commissariat ou gendarmerie, ou par courrier recommandé au procureur de la République. THESEE reste utile pour certaines escroqueries en ligne (phishing bancaire classique, fraude sur e-commerce), mais pas pour les fraudes crypto.
Autorité 2 — L'AMF : signaler une plateforme crypto frauduleuse au régulateur
L'Autorité des Marchés Financiers (AMF) joue un rôle central pour signaler arnaque crypto France. Elle tient à jour une liste noire de plus de 270 sites non autorisés (en octobre 2025) et coordonne ses actions avec les services judiciaires et la DGCCRF.
Comment signaler à l'AMF
Rendez-vous sur amf-france.org → rubrique "Espace Épargnants" → "Signaler un problème". Le formulaire vous demande le nom du site frauduleux, les faits constatés, les pièces à l'appui. Comptez 20 minutes pour remplir avec soin.
Vous pouvez également contacter AMF Épargne Info Service au 01 53 45 62 00, du lundi au vendredi de 9h à 12h30. Des agents formés vous aident à orienter votre signalement.
Ce que l'AMF peut faire après votre signalement
Quatre types d'actions :
Inscrire la plateforme frauduleuse sur sa liste noire publique, consultable sur protect-epargne.amf-france.org. Cette inscription protège les futures victimes potentielles qui vérifieraient le site avant d'investir.
Transmettre le signalement aux services judiciaires (parquet financier notamment), ce qui peut déclencher une enquête pénale parallèle à votre plainte individuelle.
Saisir la justice pour demander le blocage d'accès aux sites frauduleux. Depuis 2022, les procédures engagées par l'AMF ont permis de bloquer près de 350 adresses internet sur le territoire français. Ces blocages sont techniquement imparfaits (VPN permet de contourner), mais réduisent considérablement le nombre de nouvelles victimes.
Coordonner avec la DGCCRF pour les publicités trompeuses en ligne. Cette coordination permet notamment d'agir contre les influenceurs qui ont promu des plateformes frauduleuses.
Vérification préalable utile
Avant de signaler, vérifiez si la plateforme est déjà sur liste noire en consultant protect-epargne.amf-france.org. Si elle y figure déjà, mentionnez le dans votre dépôt de plainte au commissariat : ça renforce considérablement votre dossier en documentant le caractère reconnu comme frauduleux de la plateforme.
Autorité 3 — PHAROS : signaler les contenus illicites liés à l'arnaque
PHAROS (Plateforme d'Harmonisation, d'Analyse, de Recoupement et d'Orientation des Signalements) est la plateforme officielle du ministère de l'Intérieur pour signaler les contenus illicites sur internet.
Quand utiliser PHAROS pour signaler arnaque crypto France
PHAROS est adapté pour signaler :
Les sites frauduleux (vitrines de plateformes, pages de collecte)
Les publicités mensongères sur les réseaux sociaux (Meta, TikTok, YouTube)
Les faux articles de presse utilisés pour recruter des victimes
Les profils de réseaux sociaux utilisés par les escrocs
Les vidéos deepfake de fausses personnalités recommandant des plateformes crypto
Ce que PHAROS n'est pas : une plateforme de dépôt de plainte. C'est un outil de signalement de contenus qui permet aux services de police de les analyser et d'en demander le retrait auprès des hébergeurs et plateformes. PHAROS ne remplace jamais la plainte au commissariat, c'est un complément.
Comment signaler sur PHAROS
Rendez-vous sur internet-signalement.gouv.fr → catégorie "Escroqueries et arnaques". Le signalement est anonyme et prend moins de 5 minutes. Vous pouvez fournir plusieurs URL et joindre des captures.
Les effets concrets sont rapides : les hébergeurs coopératifs (OVH, AWS, Google Cloud) retirent typiquement les contenus signalés dans les 48 à 72 heures après validation PHAROS. Pour les sites hébergés dans des juridictions non coopératives, l'effet est plus limité mais le signalement alimente les bases d'enquête.
Autorité 4 — BEFTI et JUNALCO : les services judiciaires spécialisés
Pour les affaires d'ampleur, les dossiers sont transmis aux services judiciaires spécialisés. Vous ne les contactez pas directement — mais comprendre leur rôle vous aide à structurer votre démarche et à savoir où votre plainte peut potentiellement atterrir.
La BEFTI (Brigade d'Enquêtes sur les Fraudes aux Technologies de l'Information)
Unité spécialisée de la préfecture de police de Paris, dédiée à la cybercriminalité économique. Elle traite notamment les arnaques aux faux investissements en cryptomonnaies de dimension régionale ou nationale. Les plaintes déposées à Paris et en Île-de-France avec des montants significatifs (au-delà de 20 000 €) remontent souvent à la BEFTI après examen initial.
La JUNALCO (Juridiction Nationale de Lutte contre la Criminalité Organisée)
Juridiction spécialisée du Parquet de Paris compétente pour les affaires criminelles organisées d'envergure internationale. C'est elle qui a piloté l'opération d'octobre 2025 contre le réseau à 700 millions de dollars. La JUNALCO est saisie automatiquement lorsque les plaintes atteignent un volume et une complexité suffisants — c'est précisément pourquoi chaque plainte individuelle compte, même si vous avez le sentiment que votre dossier est "petit" à l'échelle des chiffres.
Le groupe "cryptoactifs" de la gendarmerie (C3N)
Intégré au Centre de Lutte contre les Criminalités Numériques (C3N) de la gendarmerie nationale, ce groupe est spécialisé dans l'analyse forensic des transactions blockchain dans le cadre des enquêtes judiciaires. Quand un juge d'instruction demande une expertise blockchain dans un dossier d'arnaque crypto, c'est souvent ce groupe qui la réalise. Sa dimension technique est comparable à celle d'un cabinet forensic privé.
Autorité 5 — Info Escroqueries : le numéro national d'aide aux victimes
Le 0 805 805 817 (gratuit, du lundi au vendredi de 9h à 18h30) est la ligne nationale d'aide aux victimes d'escroqueries, opérée par le ministère de l'Intérieur.
Des agents spécialisés vous orientent vers les démarches adaptées à votre situation, peuvent vous aider à structurer votre signalement, et vous informent sur vos droits. Cette ligne est particulièrement utile quand vous êtes dans les premières heures après la découverte d'une arnaque et que vous ne savez pas par où commencer.
Limite à connaître : Info Escroqueries oriente, informe, mais ne dépose pas de plainte à votre place ni ne lance d'enquête. C'est un guichet d'information, pas une autorité d'action. Utile en complément des autres démarches, pas en substitution.
Autorité 6 — Les plateformes d'échange crypto : une action souvent négligée
Si vous avez identifié les adresses crypto vers lesquelles vos fonds ont été transférés (via un traçage blockchain ou via votre historique), signalez-les directement aux grandes plateformes d'échange : Binance, Coinbase, Kraken, Bitstamp, et les autres exchanges majeurs.
Pourquoi cette démarche compte
Ces plateformes peuvent marquer les adresses comme liées à une activité frauduleuse dans leurs systèmes de surveillance, bloquer les tentatives de conversion ou de retrait depuis ces adresses, et faciliter les futures réquisitions judiciaires en ayant déjà identifié le dossier.
Cette démarche est complémentaire — elle ne remplace pas le dépôt de plainte — mais elle peut contribuer à ralentir les escrocs et à alimenter votre dossier. C'est aussi l'un des premiers éléments qu'un rapport de traçage blockchain permet d'identifier précisément : quelle plateforme a reçu vos fonds.
Comment signaler aux exchanges
Chaque exchange majeur a un canal "law enforcement" ou "report fraud" accessible depuis le pied de page du site officiel.
Pour Binance : binance.com/en/support/request/new?issueType=107.
Pour Coinbase : coinbase.com/fraud-report.
Pour Kraken : contact via support avec catégorie "Fraud Report".
Les délais de traitement sont variables (2 à 15 jours selon la plateforme). Les exchanges coopératifs bloquent rapidement les adresses signalées. Les exchanges moins rigoureux attendent une réquisition judiciaire avant d'agir.
La séquence optimale pour signaler arnaque crypto France
Toutes les démarches sont utiles. Mais leur efficacité dépend fortement de l'ordre dans lequel vous les engagez. Voici la séquence que nous recommandons systématiquement à nos clients.
Étape 1 — Traçage blockchain avant tout signalement. Initier un traçage blockchain permet d'identifier les portefeuilles destinataires et les plateformes concernées par la destination finale des fonds. Ces informations enrichissent considérablement tous vos signalements suivants. Une plainte avec rapport de traçage est 2 à 3 fois plus souvent instruite qu'une plainte sans.
Étape 2 — Dépôt de plainte au commissariat ou gendarmerie. Avec votre dossier complet incluant le rapport de traçage si disponible. C'est la démarche qui déclenche officiellement la procédure pénale.
Étape 3 — Signalement à l'AMF. Pour alimenter la liste noire et déclencher les procédures de blocage des sites frauduleux. Prend 20 minutes après le dépôt de plainte.
Étape 4 — Signalement sur PHAROS. Pour les contenus illicites identifiés sur internet (sites, publicités, profils). Prend 10 minutes.
Étape 5 — Signalement aux plateformes d'échange. Si les adresses destinataires ont été identifiées par le traçage. Prend 30 minutes au total pour les 3-4 exchanges principaux.
Étape 6 — Contact avec Info Escroqueries si besoin. Pour être orienté et accompagné sur des démarches complémentaires spécifiques à votre situation.
Cette séquence complète peut être bouclée en une demi-journée si vous êtes organisé, et maximise l'impact cumulé des signalements.
Les 5 erreurs classiques dans le signalement arnaque crypto France
Au-delà de la séquence correcte, voici les erreurs que nous voyons le plus fréquemment chez les victimes.
Erreur 1 — Tenter de signaler sur THESEE en ligne : cette plateforme ne couvre pas les arnaques crypto d'investissement. Les victimes qui passent par là perdent parfois plusieurs jours avant de comprendre qu'elles doivent se rendre physiquement au commissariat.
Erreur 2 — Signaler seulement à l'AMF sans plainte pénale : l'AMF ne peut pas, à elle seule, ouvrir une procédure judiciaire contre les auteurs. Son action sans plainte pénale parallèle reste limitée à l'inscription en liste noire et au blocage d'accès.
Erreur 3 — Attendre d'avoir "toutes les preuves" avant de déposer plainte : déposez plainte dès que vous avez l'essentiel (TXID, captures principales, identités utilisées). Vous pourrez compléter le dossier ensuite via un dépôt de pièces complémentaires. Attendre fait perdre la fenêtre d'action rapide.
Erreur 4 — Ne pas signaler aux plateformes d'échange : cette étape est la plus négligée. Pourtant, un signalement rapide à Binance ou Kraken peut aboutir à un gel effectif des fonds dans certains cas, là où la procédure judiciaire classique prend des mois.
Erreur 5 — Signaler dans la panique sans documentation : un signalement bâclé avec des informations incomplètes a autant d'impact qu'aucun signalement. Prenez 2 heures pour structurer votre dossier avant, plutôt que de tout refaire après.
Questions fréquentes sur le signalement arnaque crypto en France
Dois-je faire tous ces signalements ou puis-je choisir ?
Tous sont complémentaires. La plainte au commissariat est indispensable (elle déclenche la procédure pénale). Les autres sont fortement recommandés car ils multiplient les angles d'action. Si vous n'avez vraiment le temps que pour un seul signalement, faites la plainte au commissariat. Si vous pouvez en faire trois, ajoutez AMF et PHAROS.
Les signalements sont-ils gratuits ?
Tous les signalements aux autorités françaises (commissariat, AMF, PHAROS, Info Escroqueries) sont entièrement gratuits. Seule la constitution de partie civile devant le juge d'instruction demande une consignation (généralement 500 à 2 000 €) et l'assistance d'un avocat. Méfiez-vous de toute personne ou service qui vous propose de "signaler votre arnaque" moyennant rémunération : c'est soit inutile, soit un recovery scam.
Combien de temps prend le traitement de mon signalement ?
Très variable selon l'autorité. PHAROS traite les signalements en 48-72 heures en moyenne. L'AMF peut inscrire un site sur liste noire en 2-4 semaines après signalement. La plainte au commissariat donne un numéro de procédure sous 10 jours, puis une décision d'ouvrir ou non une enquête sous 30-60 jours. Les enquêtes judiciaires effectives prennent ensuite plusieurs mois à plusieurs années.
Puis-je signaler une arnaque dont je n'ai pas été victime personnellement ?
Oui, tout à fait. PHAROS accepte les signalements de tiers (par exemple, si vous repérez un site frauduleux qui n'a pas encore fait de victime identifiée). L'AMF également. Pour le commissariat, vous ne pouvez pas porter plainte à la place d'une victime, mais vous pouvez faire un "signalement pour agissements suspects" qui sera pris en compte.
Dois-je signaler si le préjudice est faible (moins de 1 000 €) ?
Oui, sans hésitation. Le signalement n'a pas de "seuil minimum" et chaque cas contribue à la constitution de dossiers collectifs. Une arnaque à 500 € signalée peut être le 50e cas d'un réseau que l'AMF commençait à repérer — votre signalement permet alors le déclenchement d'une enquête d'envergure.
Si l'escroc est étranger, les autorités françaises peuvent-elles agir ?
Oui, via la coopération internationale. Les autorités françaises peuvent saisir Europol (pour les escrocs basés en Europe), Interpol (partout dans le monde), ou demander des commissions rogatoires bilatérales. Ces procédures sont lentes mais aboutissent régulièrement à des opérations d'envergure, comme l'affaire JUNALCO d'octobre 2025. La clé est que votre signalement permet d'ajouter votre cas au dossier international.
Mon employeur ou ma famille peuvent-ils savoir que j'ai signalé une arnaque crypto ?
Non, les signalements aux autorités sont confidentiels. Ils ne sont communiqués à aucun tiers non judiciaire. En revanche, si la procédure débouche sur un procès pénal, les audiences sont publiques et votre nom peut apparaître dans les débats. Vous pouvez demander à votre avocat des mesures de protection de votre identité si c'est un enjeu pour vous.
Les exchanges étrangers (Binance, Coinbase) prennent-ils mes signalements au sérieux ?
Oui, les grandes plateformes ont des équipes "law enforcement" dédiées et coopèrent activement avec les autorités européennes. Un signalement direct d'une victime a moins de poids qu'une réquisition judiciaire, mais il est enregistré dans leurs bases et peut accélérer le traitement quand la justice française les contactera ensuite. Les exchanges plus petits ou basés dans des juridictions particulières (Russie, certains pays du Golfe) sont beaucoup moins coopératifs.
Que faire si le commissariat refuse de prendre ma plainte ?
Trois recours dans l'ordre : (1) insistez en demandant explicitement un procès-verbal de plainte — c'est votre droit légal, (2) si le refus persiste, partez et envoyez votre plainte par courrier recommandé avec accusé de réception au procureur de la République du tribunal judiciaire de votre domicile, (3) signalez le refus au Défenseur des droits qui peut intervenir auprès du service concerné. Le refus de prendre une plainte est illégal et ne doit pas vous décourager.
Combien de signalements faut-il avant que les autorités agissent sur un réseau ?
Il n'y a pas de seuil officiel, mais empiriquement, un réseau commence à être investigué sérieusement quand 15 à 30 plaintes cohérentes convergent. Les grandes opérations type JUNALCO impliquent typiquement 100 à 500 victimes identifiées. Votre signalement individuel peut sembler anecdotique, mais il est un maillon dans une chaîne dont l'effet est cumulatif.
Conclusion : signaler arnaque crypto France, un acte individuel ET collectif
Le signalement d'une arnaque crypto aux autorités françaises n'est pas une simple formalité administrative. C'est une démarche structurée qui, bien exécutée, transforme votre dossier individuel en contribution à une action collective de grande ampleur. Les opérations les plus spectaculaires de démantèlement de réseaux criminels (JUNALCO, saisies AMF, blocages PHAROS) démarrent toutes par l'accumulation de signalements individuels bien documentés.
La différence entre un signalement qui sera classé sans suite et un signalement qui rejoindra un dossier collectif d'ampleur tient à peu de choses : le bon ordre des démarches, la qualité de la documentation, et la présence d'éléments techniques exploitables comme un rapport de traçage blockchain.
Si vous êtes dans les jours qui suivent la découverte d'une arnaque crypto, engagez dès maintenant la séquence décrite dans cet article. Si vous hésitez sur la pertinence de certaines démarches dans votre cas précis, notre consultation gratuite permet d'évaluer les actions prioritaires selon votre situation spécifique et de vérifier si un traçage blockchain peut renforcer votre dossier avant signalement.
Vous souhaitez être accompagné dans votre signalement d'arnaque crypto en France ?
Notre cabinet propose une consultation téléphonique gratuite de 30 minutes pour identifier précisément les autorités à solliciter dans votre cas, évaluer la pertinence d'un traçage blockchain avant dépôt de plainte, et structurer votre dossier pour éviter le classement sans suite.
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